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La Story de Benoit Fougerais, Fondateur et DG de pretpro.fr

Le 17 Juillet 2019
La Story de Benoit Fougerais, Fondateur et DG de pretpro.fr

Courir un ultra-trail de 180km et créer, lancer, développer sa boite… même combat !!!

La Story de Benoit Fougerais, Fondateur et DG de pretpro.fr

J'ai couru l'ultramarin, la plus longue course officielle de France, un ultra-trail de 180km autour du Golfe du Morbihan, en Bretagne en 39h et 37mn dont 01h30 de sommeil (par tranches de 20 à 30mn) ... Un départ le vendredi 28 Juin 2019 à 19h pour une arrivée le dimanche 30 Juin à 11h.

Une course incroyable !!! Des moments intenses tant physiquement qu'en émotion. Des doutes, des peurs, des questionnements au début… mais après le départ que de la croyance, de la volonté, du mental pour avancer, toujours avancer jusqu'à la ligne d'arrivée.

Tout au long de presque 40 h de course, j'ai eu le temps de réfléchir, d'intérioriser. 

J'ai réalisé que créer sa boite, la lancer, la développer et courir un ultra trail, c'est un peu la même histoire !! Une histoire qui nous fait passer par les mêmes états, qui fait appel aux mêmes ressorts : une énorme envie, beaucoup de folie, un travail de longue haleine et surtout, surtout… un mental d'acier !!!

La préparation…

6 mois de préparation, au côté de Mickael, mon ami et associé avec qui j'ai partagé cette formidable course, et sans qui je ne l'aurai pas terminée. Chacun de son côté, lui à Nantes et moi à Larmor Baden, nous nous entraînons sérieusement, plus que sérieusement : planning de sorties hebdomadaires, régime alimentaire, préparation mentale... Rien n'est laissé au hasard.  Jusqu'à constituer un groupe WhatsApp avec nos amis qui nous suivent sur cette course pour nous aider aux ravitaillements. Et on est prêt !!!

Les entrepreneurs qui se lancent dans l'aventure de l'entrepreneuriat – ceux que nous accompagnons chez pretpro.fr - connaissent les mêmes préoccupations avant de se lancer : mon idée est-elle bien validée ? Ai-je fait une solide étude de marché ? Me suis-je entouré des bonnes personnes pour m'accompagner ? Se poser les bonnes questions avant de se lancer !!! Bien se préparer pour bien démarrer son entreprise.

Le départ - l'euphorie du début de la course

Le départ est donné et c'est l'euphorie totale. Il y a 1300 inscrits au départ du port de Vannes. Il fait beau, la musique retentit, le compte à rebours s'enclenche... 3. 2. 1. GO. Tout le monde s'élance sous la chaleur et le soleil. On se regarde, Mick et moi et on se sourit. "On y est Ben. Tu te rends comptes ? On y est !!!"

Et comme dans un projet entrepreneurial, les débuts, les premiers jours, les premiers mois sont enthousiasmants. On court, on prend des rendez-vous, on peaufine le modèle, on prend son rythme.

Les premières difficultés - l'envie d'arrêter - le combat intérieur

Mais dès les 20 premiers kilomètres, je suis pris de maux de ventre intenses qui me plient en deux. Incapable de savoir ce qu'il se passe. A deux reprises, je suis obligé de m'arrêter. Je cours ainsi 20-25 km puis la douleur s'estompe et disparait. Il s'en est fallu de peu que j'abandonne tellement j'avais mal.

Les deux premiers ravitaillements s'enchainent avec une première étape importante à Larmor-Baden où mes ami(e)s m'attendent, ainsi que ma chérie et mon fils.

Je me suis lancé dans cette folle aventure pour ma chérie, avant tout pour elle et pour lui envoyer un message fort... pour lui montrer que toutes les épreuves s'affrontent et que même si la douleur est là, les doutes et la peur, le mental et la volonté peuvent prendre le relais et nous sortir triomphants. Ma chérie se bat contre la maladie depuis plusieurs mois. C'est dur, c'est dur pour elle, c'est dur pour notre fils de 5 ans, c'est dur pour notre famille, c'est dur pour moi... Au travers de cet ultra-trail, je devais lui envoyer un message fort. Accroche-toi ma guerrière comme je vais m'accrocher et ensemble, ensemble, nous gagnerons ton combat !!!

Je la serre dans mes bras à l'arrivée de Larmor-Baden, je l'embrasse et je pleure. "Je vais aller au bout pour toi mon amour". Elle me sourit et m'embrasse à nouveau, les yeux embrumés. Je marche jusqu'au ravitaillement avec elle et notre fils court à nos côtés. Beaucoup, beaucoup d'émotions…

La vie de l'entrepreneur a aussi ses moments de doute et de remise en question. A chaque moment-clé de l'histoire de pretpro.fr, devant chaque montagne, pour continuer à avancer, il nous a fallu aussi nous rappeler le sens de notre projet, revenir à l'objectif initial pour retrouver la motivation. Les problèmes de santé font aussi parti de la vie de l'entrepreneur. Il faut savoir y faire face, ne pas se décourager, prendre du repos, se recentrer pour mieux repartir !!! 

Le cœur de la course – le ressourcement aux temps de pause

Il est 01h du matin. Nous nous installons Mickael et moi pour nous reposer un peu mais surtout vérifier nos pieds et nos jambes. Massage, crème hydratante pour les pieds, changement de Tee-Shirt et pull pour passer notre première nuit à courir. Nous mangeons un peu puis nous repartons. Mon fils en profite pour chaparder du gâteau... garnement !!! Je l'embrasse ainsi que ma chérie et je repars, frontale allumée car il fait nuit noire. 

Nous enchainons les kilomètres. Il est 03h du matin et nous arrivons au ravitaillement du Bono. Gros coup de fatigue. Nous courons depuis 8h. Nous ressentons un fort besoin de nous reposer mais il n'y a plus de place. Certains ravitaillements proposent des lits posés au sol pour dormir. Ils sont tous pris. Nous trouvons une couverture et nous nous allongeons, Mick et moi, sur le bitume pour dormir 20mn. Nous mettons un téléphone en réveil et c'est parti. Je dors profondément. Cette sieste m'a rechargé à bloc. Je me sens bien et nous repartons.

Nous assistons à notre premier levé du soleil, nous sommes à Auray, au Port de Saint-Goustan, c'est magnifique.

Nous avançons cette fois-ci en pleine journée, nous sommes le samedi 29 Juin et il fait chaud. Mick commence à se plaindre d'une douleur au pied droit. Il gère. Nous alternons course et marche active pour gérer la fatigue mais surtout la distance.

Nous passons les 80 kilomètres puis les 90 !!! Nous sommes à mi-parcours !!! Nous arrivons à l'embarcadère pour traverser une partie du Golfe en bateau. C'est un moment surréaliste, presque magique dans cette course folle. Nous stoppons au plus gros ravitaillement pour nous reposer. Nos amis sont là, nous accueillent. C'est chaleureux. Ils n'en reviennent pas de notre fraicheur. C'est vrai que nous nous sentons bien, fatigués mais bien. Nous tardons à manger, discutons, sans faire attention à l'heure. Au moment de vouloir nous reposer, nous calculons le temps et constatons que nous ne pouvons pas nous arrêter sous peine de dépasser les contraintes horaires aux ravitaillements. Ceci entrainerait notre disqualification et le retrait de la course. Nous nous regardons... "Bon, on s'y remet alors !!!" Et nous voilà repartis.

Les difficultés majeures – la force de l'entraide

18h de course déjà, plus de 100km faits et seulement 01h de sommeil... Les douleurs se font ressentir de plus en plus fortes, et à cela s'ajoute la fatigue. Nous avançons encore…, mais au 100ème km, j'ai une douleur soudaine, intense au genou droit qui apparaît. Elle m'empêche littéralement de poser le pied à terre... Impossible d'avancer. Je me tourne vers Mick, les yeux grands ouverts. "Je n'y arrive plus là, j'ai trop mal".

Et là, le bonhomme, le guerrier, l'ami prend le relais. "Attend, ne bouge pas, on se pose". Direct, il prend les choses en main, me donne un doliprane et me strappe le genou avec des bandelettes collantes pour renforcer mon genou. Un ultra-trailer passe et s'arrête pour prendre de mes nouvelles. "Ça va ? Vous avez besoin d'autres bandes ?". Mick répond que oui, ce serait super. Il se pose, déballe ses affaires et nous donne un bout de son rouleau pour que je vienne encore plus renforcer mon genou. C'est ça l'esprit trail. L'entraide. Merci les gars !!!

J'ai toujours mal au genou quand je pose le pied. Mick me donne ses bâtons de marche et me dit : "Allez on avance tranquillement". Je lui réponds que non, que je suis en train de lui faire rater son ultra, qu'il file devant et je vais me débrouiller. Il refuse, me dit qu'il ne finira pas sans moi !!! Ok… on se regarde dans les yeux… gros moments d'émotions. On se sourit et on repart !!!

Une expérience de vie incroyable. Sans Mickael, sans ses conseils, sans son aide et son soutien, je terminais mon ultra-trail sur un abandon... Merci Mick, merci, du fond du cœur mon ami.

Ce même Mick est également un de mes associés chez pretpro.fr. Dans l'entreprise aussi, on a besoin des autres pour aller plus loin. Chacun apporte ses forces et ses compétences pour ensemble atteindre l'objectif visé. L'association est une vraie dynamique dans l'entreprise : 1+1 = 3 !!! La vision, le savoir-faire, l'expérience d'un ou d'une associée sont primordiaux pour prendre les bonnes décisions, ne pas s'arrêter, aider à se poser pour repartir de plus belle !!!

Dans la douleur j'avance avec les bâtons. Quelques premiers kilomètres difficiles puis les sensations reviennent. Les bâtons de marche soulagent ma jambe qui retrouvent des sensations. Je me sens mieux, beaucoup mieux. La douleur est toujours là mais très facilement gérable. J'accélère même petit à petit. Ça va vraiment mieux.

Je m'accroche et même si j'ai toujours mal, j'avance bien même très bien. Mick est parfois obligé de courir pour revenir à ma hauteur tellement les bâtons me font marcher vite. On en rigole !!! 

L'arrêt de la course – le renoncement

Nous arrivons à 120km et là, c'est Mick qui s'arrête avec une douleur au pied gauche... Nous arrivons à un ravitaillement, il ne peut plus poser le pied au sol. Il va voir un podologue et les médecins présents. C'est sans appel, inutile de continuer cela va s'empirer... dur dur dur... très dur pour lui comme pour moi…

Celui qui m'a aidé, et m'a permis de poursuivre, doit abandonner... Je prends un coup sur la tête, je m'en veux de ne pouvoir l'aider comme lui m'a aidé. Nous nous embrassons et Mick repart avec sa chérie. Je vais me reposer 20mn sur un lit pour une courte sieste. 

Quelque fois, il faut savoir s'arrêter, ou avoir assez de lucidité pour comprendre qu'il faut adapter son chemin, accepter de faire un détour, pour mieux atteindre son but, un peu plus tard, un autre jour, d'une autre façon. Considérer que l'arrêt en chemin fait partie du chemin. Sans vivre cette expérience comme un échec. Combien d'entrepreneurs ont réussi leur projet d'entreprise dès la première tentative ? Combien ont dû s'y prendre à deux fois, à trois fois, pour affiner leur idée et percer sur le marché ? 

Je cours donc maintenant seul… Pas facile à 120km quand il en reste encore 60 et surtout, surtout, avec la deuxième nuit qui approche... Il est 21h.

La dernière partie de la course – l'extrême fatigue et le mental 

Le mental prend le relais, j'oublie la douleur, la fatigue et j'avance. La fatigue est intense, l'envie de dormir indescriptible mais il faut s'accrocher. Je passe la nuit difficilement tant je suis fatigué. J'avance doucement avec une seule envie, dormir... Je passe l'avant dernier ravitaillement. Un monsieur me dit : "Allez mon gars, on s'accroche mais tu ne peux pas te reposer sinon, tu ne passeras pas en dessous de la barrière horaire au dernier ravitaillement...". Là, dur dur, très dur. "Il reste 21km jusqu'au dernier ravitaillement puis 20km jusqu'à l'arrivée. Ça va le faire !!!". Il est 01h du matin et 21km+20km... ce n'est jamais qu'un marathon... ça va le faire !!!

Je repars dans la nuit noire à la frontale, complètement exténué. Cette partie du parcours a été très, très, très difficile. Je titube et je manque de tomber deux fois à cause du sommeil. Je m'endors en marchant...

05h30 : Le dernier ravitaillement... enfin... à 21km de l'arrivée. Là je me pose, un ami me retrouve avec qui je prends une soupe et un café. C'est la belle surprise qui m'a fait énormément de bien. Merci encore Cyrille. Nous rigolons. C'est « walking dead » ici me dit-il !!! Les fans de séries apprécieront. C'est vrai que tout le monde marche bizarrement, certains le dos courbé... tout le monde a 160km dans les jambes... ça fait mal, très mal. Certains abandonnent ici...

Je lui dis, il faut que je me repose, je ne peux pas continuer, trop de fatigue. Je lui demande de me réveiller dans 30mn. Il y a des lits de camps posés au fond du gymnase pour ceux qui veulent dormir. Je m'écroule direct. Il me réveille 30mn plus tard... J'ai l'impression d'avoir dormi 2mn... mais cela m'a fait du bien. Il récupère une partie de mon sac à dos pour m'alléger. Je repars au lever du soleil et ça aussi, psychologiquement ça m'a re-boosté. Allez encore 21km... ce n'est jamais qu'un semi-marathon... après 4 marathons...

A ce stade, on se bat contre soi-même. L'entrepreneur lui-aussi connait de tels moments de découragements et de fatigue extrême, le sentiment d'avoir tout donné, de ne pas voir le bout du tunnel… Des soucis personnels peuvent venir perturber son projet professionnel. C'est le moment où il ne faut pas lâcher, ne pas se laisser abattre, croire en soi, aller puiser au plus profond de ses tripes les ressources pour continuer… continuer et ne rien lâcher !!!

La fin – l'arrivée – une joie indescriptible 

J'alterne 5mn de course et 5mn de marche active avec les bâtons. Impossible de courir tout le temps, trop de douleurs. Les kilomètres avancent et Vannes arrive, son port. C'est l'aube, le soleil est levé.

Je croise les premières personnes sur le chemin qui ne me connaissent pas mais m'applaudissent, me tapent dans l'épaule, me félicitent... une joie incroyable. Je prends conscience de ce que j'ai réalisé, que j'y suis presque, que je vais terminer cette course folle de 180 km. Le port approche.

Il est 10h30 et j'entre dans le port de Vannes. Je lève les yeux et au loin, je vois courir mon fils de 5 ans qui arrive à ma hauteur me saute dans les bras !!! Je pleure... ma chérie arrive. Je lui dis que c'est pour elle que j'ai fait cela... Elle m'embrasse, me remercie, me félicite et me dit qu'elle est fière de moi.

Je propose à mon fils, comme à toutes mes arrivées, de franchir la ligne avec moi. Ma chérie court devant pour filmer également avec son téléphone. Elle n'a aucun mal à courir plus vite que moi... 

Quelle joie indescriptible de s'avancer sur le port. Je me remets à courir, je ne ressens plus rien que de la joie, du bonheur d'être là. Les gens applaudissent, des amis sont là.

Mon fils est tout fier et nous passons ensemble la ligne sous les applaudissements du public... cette même ligne que j'ai franchie 40h plus tôt, 180km plus tôt au départ de cet ultra-marin de folie !!! Tout est possible... tout est possible !!! 

C'est même possible à n'importe quel âge. Gérard le doyen de l'épreuve a terminé la course en 40h et 36 min, à 80 ans… Un courage qui force l'admiration. Je suis fier d'être pris en photo à ses côtés. 

A un moment, les portes s'ouvrent et le sentiment d'avoir atteint son but envahit l'entrepreneur : le chiffre d'affaires augmente, le nombre de clients avec. C'est la consécration, l'accomplissement. La joie immense !! Mais la comparaison s'arrête là. La vie de l'entrepreneur ce n'est pas simplement courir un ultra trail, c'est plutôt un éternel recommencement… C'est ainsi que va la vie de l'entreprise.


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